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Influx# 3

vendredi 9 et samedi 10 décembre 2011

Vive l’impro­vi­sa­tion ! Après la ses­sion d’octo­bre 2009, et celle de jan­vier 2011, ce fes­ti­val orga­nisé par L’IREA et le Théâtre2 l’Acte, per­siste et signe.

Musique, danse et arts visuels dans une libre mêlée qui s’invente au gré du souf­fle de l’ins­tant.

Non que la réflexion soit délais­sée, la pro­gram­ma­tion de haut niveau s’accom­pa­gnera de dis­cus­sions et de ren­contres sur la pra­ti­que de l’impro­vi­sa­tion.
En direct avec les artis­tes invi­tés.

Vendredi 9 Décembre à 20h30

paul-rogers-sSOLO Paul Rogers – contre­basse

« Que ce soit à l’archet, où il révèle un sens aigu de la dra­ma­tur­gie allié à une étude pous­sée de la musi­que clas­si­que, baro­que tout par­ti­cu­liè­re­ment, ou en piz­zi­cato, où la pro­fon­deur des sons se marie à une dex­té­rité hors du commun, Paul Rogers nous entraine dans son uni­vers oni­ri­que, sen­si­ble, vio­lent par­fois car l’énergie est tou­jours là, sans doute plus cana­li­sée mais bouillon­nante, avec ces accents de comp­ti­nes typi­que­ment bri­tan­ni­ques issues du folk­lore, d’un passé proche, incontour­na­ble et tendu déjà vers le futur. »
(Philippe RENAUD)

 

 

lelio_giannetto_rSOLO Lelio Giannetto – Contre­basse

Contrebassiste sici­lien, musi­cien et péda­go­gue, il est consi­déré comme « le maître à penser de la scène musi­cale sici­lienne la plus vivace » (Gigi Razete pour La Repubblica du 15 novem­bre 2006).

Il a fondé à Palerme le groupeCurva Minore en 1997, et a com­mencé en 2001, avec une mani­fes­ta­tion nommée « Le Son des Soleils », un tra­vail de sen­si­bi­li­sa­tion avec les écoles de Palerme et d’Enna.
Centré sur les musi­ques contem­po­rai­nes (aca­dé­mi­ques et expé­ri­men­ta­les), ce projet a pour objec­tif de mettre des étudiants et élèves de col­lège en pré­sence de formes musi­ca­les dont ils igno­rent com­plè­te­ment l’exis­tence, en pas­sant par des com­po­si­teurs comme Stockhausen, Cage, Cardew, ou encore Scelsi et Sciarrino.

La décou­verte de la musi­que impro­vi­sée s’est faite, pour Lelio Giannetto, prin­ci­pa­le­ment à tra­vers des ren­contres de musi­ciens. L’étincelle a jailli en pre­mier au contact du contre­bas­siste Peter Kowald. Bien d’autres liens se sont créés, notam­ment avec le saxo­pho­niste sici­lien Gianni Gebbia ou encore Joëlle Léandre.

DUO Paul Rogers et Lelio Giannetto – contre­basse

Samedi 10 décembre

17h

Table ronde autour de « Improviser libre­ment. Abécédaire d’une expé­rience » de Lê Quan Ninh, en pré­sence de l’auteur.

Braver le para­doxe qui consiste à décrire une pra­ti­que qui échappe, de fait, à tout dis­cours, c’est l’objec­tif pre­mier de la table ronde animée par Lê Quan Ninh, autour de son livre « Improviser libre­ment ».

20h30

TRIO
Gaëlle Rouard_cinéma expé­ri­men­tal
Marc Pichelin_syn­thé­ti­seur ana­lo­gi­que
Mar­tine Altenburger_vio­lon­celle

« Au cinéma, l’his­toire est une sur­face. Au 7ème art c’est la pro­fon­deur sen­si­ble qui s’étend au-des­sous de cette sur­face : l’insai­sis­sa­ble musi­cal. »
Germaine Dulac 1928.

Avec du cinéma, des sons fixés et un archet, il s’agit d’un tra­vail de sculp­ture don­nant la part belle aux aléas du jeu, à la sur­prise pour faire « sortir », adve­nir cela même qu’on ne peut se figu­rer clai­re­ment, ce qui ne peut être pré­fi­guré, pré­mé­dité cons­ciem­ment.

DUO
Lê Quan Ninh – Per­cus­sion
Fré­de­ric Blondy – Piano.

« Deux mondes, piano et per­cus­sion, et une col­la­bo­ra­tion enta­mée depuis la fin des années 90. Ces ulti­mes aven­tu­riers sont unis par une alchi­mie com­plice, avec alter­nance réflé­chie du silence et de la fureur impure, où tous cla­po­tis, cordes pin­cées, pro­cu­rent la sen­sa­tion de l’éphémère. Lê Quan Ninh n’est plus à pré­sen­ter dans son explo­ra­tion des éléments, dont les plus belles traces sub­sis­tent avec le Quatuor Helios ou Michel Doneda.
Frédéric Blondy, lui, a expé­ri­menté les pos­si­bi­li­tés soni­ques du cla­vier, marqué par l’impact de Cecil Taylor, puis s’est penché sur l’aspect plus médi­ta­tif des pièces de Cage ou Feldman. On pense à la poésie, au nom d’une conti­nuelle et infailli­ble expen­sion… Rien d’her­mé­ti­que à tout cela, « le hasard est une main plus sûre » (troi­sième mor­ceau). Les frot­te­ments des cym­ba­les et de la peau […], tous les ajouts d’objets que l’on cher­che à dis­cer­ner pro­dui­sent quel­que chose de curieu­se­ment pon­déré. Bref, c’est l’équilibre de l’irra­tion­nel. Tous les éléments usuels, dégra­dés, oscil­lants du quo­ti­dien le plus tri­vial, par­vien­nent à créer la mer­veille chao­ti­que ; une anar­chie enfin conce­va­ble, ponc­tuée par un silence stri­dent ; un cosmos. »

Vincent Lecoeur pour la revue Octopus (Supplément de la revue Mouvement)- Décembre 2003