1572, Massacre à Paris

de Christopher Marlowe 

création 2016 du Théâtre 2 l’Acte
mise en scène : Marie-Angèle Vaurs


QUE NOUS RACONTE « MASSACRE À PARIS » ?

Le drame relate le massacre de la St Barthélémy : les catholiques, regroupés derrière le Duc de Guise, vont se livrer à une véritable tuerie dans la nuit du 24 août 1572, massacrant des milliers de protestants, quelques jours après le mariage de Henri de Navarre, calviniste, avec Marguerite de Valois, fille de la « très » catholique Catherine de Médicis et soeur du jeune roi Charles IX.

Marlowe ne fait pas oeuvre d’historien, même s’il reprend les faits marquants de cette époque redoutable. Il condense, sur une courte période, des événements qui s’étalent sur près de 17 ans : de 1572 donc à 1589, assassinat d’Henri III. Dans sa pièce, tout s’enchaîne à une vitesse folle. Le mariage de Marguerite de Valois avec Henri de Navarre vient à peine d’être célébré que Catherine de Médicis prononce, parlant de cette accalmie momentanée, cette phrase terrible, prémonitoire : « Que je noierai dans le sang et la terreur » (acte 1).

Et tout de suite Marlowe nous plonge dans l’horreur. Les meurtres succèdent aux meurtres dans une sorte d’allégresse, de soif de sang irrépressible. Il y a une fascination pour la mort, on tue sans état d’âme, avec une facilité stupéfiante.

« Tue ! tue ! tue ! Que personne s’échappe ! », lance Guise (acte 1), tandis que les cloches carillonnent, signal pour le départ du massacre.

Cet enchaînement des événements est en fait très proche de la vérité historique. Mais la pièce ne s’arrête pas aux événements de la St Barthélémy. Elle se poursuit jusqu’à l’assassinat, 17 ans plus tard, d’Henri III, par un moine fanatisé, mécontent de la nouvelle alliance avec Navarre appelé à l’aide pour lutter contre le clan des Guise qui menace le pouvoir royal. Navarre justement est à son chevet. Henri III le désigne comme son successeur et l’invite à « joyeusement trancher du catholique »… Mais Marlowe meurt avant de connaître la suite de l’histoire, c’est à dire la conversion de Henri de Navarre au catholicisme, seule possibilité pour un calviniste d’accéder au trône de France. On connaît la fameuse phrase : « Paris vaut bien une messe » …

Le raccourci ainsi opéré par Marlowe entre les deux événements nous permet de mieux saisir ce qu’ont été les véritables enjeux de la St Barthélémy. Bien en-deçà de la querelle religieuse, il s’agit de savoir lequel des deux partis, le catholique ou le protestant, va au final gouverner la France. Et au travers de ces deux partis, quelles sont les familles qui vont régner : les descendants des Valois côté catholiques ou les descendants des Bourbons côté protestants. La pièce concentre les violences de l’histoire et met à nu les appétits de pouvoir loin de toute morale ou foi véritable.

À travers son écrit, Marlowe se livre à un autre jeu de massacre ; massacre de la famille royale catholique au pouvoir, présentée comme un repère d’assassins, de comploteurs, d’empoisonneurs. La bande à Guise s’y déchaîne en meute ; ses sbires se comportent comme de vulgaires voyous, grossiers et incultes. Les assassins, payés pour exécuter les basses oeuvres (pendre l’Amiral déjà mort) sont des types ridicules, bourrés de superstitions.

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DISTRIBUTION

Théâtre 2 l’Acte
Mise en scène : Marie-Angèle Vaurs – assistant : Kaf Malère
Scénographie : Michel Mathieu – assistantes : Elsa Soares et Anne -Juliette Larcher
Avec Sophie Berneyron, Jean-Marie Champagne, Diane Launay, Carol Larruy, Jacky Lecannellier, Michel Mathieu, Alex Moreu,
Fabio Ezechiele Sforzini, Quentin Siesling.Création musicale et interprétation en direct : Michel Doneda
Chant : Diane Launay
Vidéo : Bruno Wagner
Photos et affiche : Ronald Curchod
Costumes : Odile Duverger – stagiaires : Pélagie et Ludovic de l’Atelier Double-boucle de Toulouse
Régie générale – lumières : Alberto Burnichon
Attaché de production : Lionel Boireau
Chargée de communication : Brigitte Bécanne

 

REVUE DE PRESSE – 1572 MASSACRE A PARIS

 

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